Zone climatique : définition

Une zone climatique est caractérisée par un type de climat, dont au moins les grandes lignes sont communes à l’ensemble de la zone.

La Réglementation Environnementale 2020(RE2020) découpe la France en trois grandes zones climatiques : H1, H2 et H3. Pour affiner les exigences locales, H1 est divisée en trois sous-zones (H1a, H1b et H1c), et H2 en quatre (H2a, H2b, H2c et H2d), tandis que H3 reste une zone unique. Ces sous-zones précisent le niveau de rigueur du climat, et permettent d’adapter plus précisément les exigences de performance énergétique selon les variations locales :

Comment la France est découpée

La carte de France suivante permet de visualiser le découpage du territoire en zones H1, H2 et H3, fixé par la RE2020, ainsi que les sous-zones.

Le département fixe la zone climatique précise d’un site donné. Retrouvez ci-dessous la classification de tous les départements français par zone et sous-zone climatique.

Zone climatique H1Zone climatique H2Zone climatique H3
H1a
Aisne (02), Calvados (14), Eure (27), Eure-et-Loir (28), Nord (59), Oise (60), Orne (61), Pas-de-Calais (62), Paris (75), Seine-Maritime (76), Seine-et-Marne (77), Yvelines (78), Somme (80), Essonne (91), Hauts-de-Seine (92), Seine-Saint-Denis (93), Val-de-Marne (94), Val-d’Oise (95)
H2a
Côtes-d’Armor (22), Finistère (29), Ille-et-Vilaine (35), Manche (50), Morbihan (56)
Alpes-Maritimes (06), Aude (11), Bouches-du-Rhône (13), Corse (20), Gard (30), Hérault (34), Pyrénées-Orientales (66), Var (83), Guadeloupe (971), Martinique (972), Guyane (973), La Réunion (974), Mayotte (976)
H1b
Ardennes (08), Aube (10), Loiret (45), Marne (51), Haute-Marne (52), Meurthe-et-Moselle (54), Meuse (55), Moselle (57), Nièvre (58), Bas-Rhin (67), Haut-Rhin (68), Haute-Saône (70), Vosges (88), Yonne (89), Territoire de Belfort (90)
H2b
Charente (16), Charente-Maritime (17), Cher (18), Indre (36), Indre-et-Loire (37), Loir-et-Cher (41), Loire-Atlantique (44), Maine-et-Loire (49), Mayenne (53), Sarthe (72), Deux-Sèvres (79), Vendée (85), Vienne (86)
H1c
Ain (01), Allier (03), Hautes-Alpes (05), Cantal (15), Corrèze (19), Côte-d’Or (21), Creuse (23), Doubs (25), Isère (38), Jura (39), Loire (42), Haute-Loire (43), Puy-de-Dôme (63), Rhône (69), Saône-et-Loire (71), Savoie (73), Haute-Savoie (74), Haute-Vienne (87), Saint-Pierre-et-Miquelon (975)
H2c
Ariège (09), Aveyron (12), Dordogne (24), Haute-Garonne (31), Gers (32), Gironde (33), Landes (40), Lot (46), Lot-et-Garonne (47), Pyrénées-Atlantiques (64), Hautes-Pyrénées (65), Tarn (81), Tarn-et-Garonne (82)
H2d
Alpes-de-Haute-Provence (04), Ardèche (07), Drôme (26), Lozère (48), Vaucluse (84)

Pourquoi cette répartition en trois zones et de cette manière ?

Ce découpage repose sur des données météorologiques collectées par Météo-France, puis converties en exigences réglementaires par les rédacteurs de la RT2012, reprises et actualisées par la RE2020.

Une méthode fondée sur les degrés-jours de chauffe

Le critère central du classement est le besoin de chauffage, mesuré par les degrés-jours unifiés (DJU) : plus un site cumule de journées froides sur l’année, plus son DJU est élevé, et plus il est classé dans une zone rigoureuse. C’est ce même principe qui a justifié, dans un second temps, la subdivision de H1 et H2 en sous-zones : au sein d’une grande zone, certains départements affichent des DJU sensiblement différents, d’où la nécessité d’affiner le classement.

Une station météo de référence par zone

Concrètement, chaque zone climatique est rattachée à une station météorologique représentative, par exemple Nancy pour la zone H1a ou Tours pour la zone H2b, dont les relevés (températures, ensoleillement, degrés-heures d’inconfort en été) servent de base de calcul aux exigences réglementaires applicables à l’ensemble de la zone.

Un découpage réactualisé avec la RE2020

La RE2020 a fait évoluer ce zonage hérité de la RT2012 pour tenir compte de données climatiques plus récentes : plusieurs stations de référence ont été changées (celle de La Rochelle a par exemple été remplacée par Tours pour la zone H2b, celle de Nice par Marignane pour la zone H3), et un scénario caniculaire basé sur l’épisode de 2003 a été intégré au calcul des besoins de rafraîchissement. Ces ajustements traduisent une réalité observée : les hivers sont globalement un peu plus froids qu’au moment de la RT2012 dans la plupart des zones, et les étés plus chauds, ce qui a mécaniquement renforcé les exigences de performance énergétique des bâtiments.

Pourquoi le découpage en zones climatiques influence-t’il le montant de la prime CEE ?

Le dispositif des Certificats d’Economies d’Energie s’appuie sur des fiches d’opérations standardisées, élaborées par l’ADEME, pour encadrer les travaux d’efficacité énergétique éligibles à la prime CEE. Ces fiches remplissent trois fonctions essentielles :

Le montant de la prime CEE dépend ainsi des économies d’énergie générées par les travaux de transition énergétique, mesurées en kWh cumac. Ces fiches sont ajustées selon la zone climatique du site concerné : les besoins de chauffage, ou de climatisation, ne sont en effet pas les mêmes selon que le site se situe en zone froide ou en zone chaude.

La zone H1, la plus froide, se caractérise ainsi par de forts besoins de chauffage. Les économies d’énergie réalisables y sont donc plus importantes qu’ailleurs, ce qui se traduit par des primes CEE généralement plus élevées pour un même type d’opération.

Quel est l’impact de la zone climatique sur la consommation d’énergie globale ?

Au-delà du montant des primes CEE, la zone climatique influence directement la consommation d’énergie d’un bâtiment, mais pas toujours dans le sens qu’on imagine. Les zones aux conditions les plus extrêmes, qu’elles soient froides ou chaudes, sont en réalité celles où la consommation énergétique tend à être la plus élevée, tandis que les zones à climat plus modéré s’en sortent généralement mieux.

Zone H1 : une consommation tirée par le chauffage

Dans les territoires aux hivers rudes (l’essentiel du nord et de l’est de la France), c’est le besoin de chauffage qui pèse sur la facture énergétique pendant une grande partie de l’année. Cette contrainte pousse les bâtiments implantés de cette zone à devoir combiner une isolation thermique renforcée et des équipements de chauffage performants pour limiter les déperditions et maîtriser la facture énergétique sur les mois les plus froids.

Zone H3 : une consommation tirée par le rafraîchissement

À l’inverse, dans le pourtour méditerranéen, ce n’est pas l’hiver qui pèse sur la consommation, mais l’été : la chaleur sèche et prolongée de la zone H3 génère des besoins de climatisation ou de rafraîchissement conséquents, qui peuvent représenter un poste de consommation aussi important que le chauffage en zone H1, avec, en plus, un risque accru en période de canicule.

Zone H2 : une situation plus équilibrée

Entre les deux, la zone H2 bénéficie d’un climat plus tempéré : les variations saisonnières y existent, mais restent moins marquées. Les bâtiments n’ont généralement pas besoin d’équipements de chauffage ou de climatisation aussi puissants qu’en zone H1 ou H3, ce qui se traduit, en moyenne, par une consommation énergétique annuelle plus modérée.

À noter : cette logique de consommation ne se reflète pas directement dans le montant des primes CEE. Les fiches d’opérations standardisées valorisent avant tout les économies liées au chauffage et à l’isolation ; les zones H1 restent donc les mieux valorisées, y compris par rapport à la zone H3, où les enjeux énergétiques sont pourtant réels mais concernent davantage le rafraîchissement, un poste encore peu couvert par le dispositif CEE.

Quelles zones climatiques proposent les primes les plus élevées ?

À travaux identiques, c’est la zone H1, la plus froide, qui ouvre droit aux primes CEE les plus élevées, suivie de la zone H2, puis de la zone H3.

Un écart chiffré : l’exemple de la pompe à chaleur en tertiaire

Cet écart peut être significatif. Prenons un exemple : pour l’installation d’une pompe à chaleur air/eau en tertiaire (fiche BAT-TH-163), le barème officiel prévoit par exemple 1 200 kWh cumac par m² en zone H1, contre 1 000 en zone H2 et 700 en zone H3, à équipement et bâtiment identiques.

Ces écarts varient néanmoins d’une fiche d’opération standardisée à l’autre : ils sont propres à chaque opération et à ses coefficients de calcul, et concernent avant tout les travaux liés au chauffage et à l’isolation. L’effet de la zone climatique est en général plus limité sur les opérations de production de froid.

Pourquoi la zone climatique influence le montant de la prime ?

Cette hiérarchie s’explique par un principe simple : la prime CEE valorise les économies d’énergie réellement permises par les travaux, exprimées en kWh cumac. Plus une zone est froide, plus la période de chauffe est longue, et plus les gains obtenus grâce à une isolation ou un équipement performant sont importants, d’où un volume de kWh cumac, et donc une prime, plus élevés.

Quels travaux privilégier selon la zone ?

Concrètement, pour les entreprises implantées en zone H1 (une large partie du Grand Est, des Hauts-de-France, de l’Île-de-France et des zones de montagne), les opérations d’isolation (combles, murs, toiture) et de remplacement de chauffage (pompes à chaleur) sont à privilégier en priorité : elles cumulent un fort potentiel d’économies d’énergie et une valorisation CEE optimale. En zone H2 et H3, ces mêmes opérations restent éligibles et rentables, mais génèrent généralement des primes inférieures pour un projet comparable.

À retenir avant tout projet : vérifier la zone climatique ainsi que la sous-zone du site est un préalable indispensable pour estimer correctement le potentiel CEE d’une opération de rénovation énergétique, avant même de solliciter un devis ou un accompagnement.

Par où commencer en zone climatique froide (H1) ?

Dans la zone la plus froide, où les besoins de chauffage dominent la consommation d’énergie, l’efficacité d’un projet de rénovation dépend largement de l’ordre dans lequel les travaux sont engagés. Selon le guide « Isoler sa maison » de l’ADEME et du Ministère de la Transition écologique, dans un logement ancien mal isolé, la toiture est responsable de 25 à 30 % des déperditions thermiques, ce qui en fait la priorité numéro un. Toujours selon cette même source, les murs représentent le second poste de pertes (20 à 25 %), suivis par les fuites d’air et le renouvellement d’air (20 à 25 %), les fenêtres (10 à 15 %) et les planchers bas (7 à 10 %).

Ce classement éclaire directement les priorités de travaux en zone froide, où chaque point de déperdition traité se traduit par un gain de confort et d’économies plus important qu’en zone tempérée ou chaude :

La plupart de ces opérations sont couvertes par des fiches d’opérations standardisées, consultables sur le site du Ministère de la Transition écologique, à l’image de la fiche BAT-TH-163 pour les pompes à chaleur en tertiaire, évoquée plus haut. Ces fiches bénéficient, comme évoqué précédemment, d’une valorisation CEE plus élevée en zone H1 qu’ailleurs, ce qui réduit d’autant le reste à charge du projet.