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Irrigation, stockage, économies d’eau : qui peut bénéficier du Fonds hydraulique agricole en 2026 ?

Irrigation plein champ par aspersion

Le Fonds hydraulique agricole (FHA) est un dispositif public qui finance les projets de gestion de l’eau en agriculture, depuis les études préalables jusqu’à la réalisation d’infrastructures hydrauliques. Mis en place dans le cadre du Plan Eau lancé par l’État, il vise à renforcer la résilience des exploitations agricoles face au changement climatique et à favoriser une gestion durable de la ressource.

En France, l’eau constitue un défi stratégique pour l’agriculture. L’augmentation des températures, la multiplication des épisodes de sécheresse, les restrictions d’usage de plus en plus fréquentes et l’évolution des besoins exercent une pression croissante sur les ressources en eau. Dans ce contexte, les exploitations agricoles doivent adapter leurs infrastructures afin de sécuriser leur approvisionnement et préserver leur capacité de production.

Comment financer ces investissements parfois coûteux et anticiper les effets du changement climatique ? Le Fonds hydraulique agricole apporte un soutien financier aux acteurs du secteur pour les aider à sécuriser l’accès à l’eau, moderniser leurs équipements et développer des solutions adaptées aux enjeux économiques, environnementaux et territoriaux.

Pourquoi a-t-il été créé ?

Le Fonds hydraulique agricole s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’avenir de la gestion de l’eau en France.

Selon le ministère de la Transition écologique, le changement climatique modifie profondément le cycle de l’eau. Les épisodes de sécheresse deviennent plus fréquents et plus intenses, tandis que certaines régions connaissent des tensions croissantes sur la disponibilité de la ressource. Face à ces évolutions, la France a adopté en 2023 un Plan Eau articulé autour de trois grands enjeux : organiser la sobriété des usages, optimiser la disponibilité de la ressource et préserver la qualité de l’eau et les écosystèmes.

Dans ce contexte, l’agriculture est directement concernée. L’eau est indispensable à de nombreuses productions végétales et animales, mais elle doit également être partagée avec d’autres usages essentiels tels que l’alimentation en eau potable, l’industrie ou encore la préservation des milieux naturels.

L’objectif du Fonds hydraulique agricole est donc d’accompagner les exploitations et les territoires dans leur adaptation à ces nouveaux défis. Il doit permettre de mieux gérer l’eau, de réduire les risques liés aux aléas climatiques et de favoriser une gestion durable de l’eau à l’échelle locale.

En quoi consiste-t-il ?

Le Fonds hydraulique agricole poursuit plusieurs objectifs complémentaires.

Le premier consiste à sécuriser l’accès à l’eau pour les exploitations agricoles. Cette sécurisation est devenue essentielle dans de nombreux territoires confrontés à des périodes de sécheresse plus longues ou à des restrictions d’usage de l’eau.

Le dispositif vise également à moderniser et optimiser les infrastructures hydrauliques existantes. La rénovation des réseaux permet notamment de limiter les pertes, de réduire les coûts d’exploitation et de favoriser les économies d’eau.

Le fonds encourage également le développement de nouveaux ouvrages lorsque ceux-ci répondent à un besoin identifié sur un territoire. Ces projets doivent toutefois respecter les équilibres environnementaux et s’inscrire dans une logique de gestion durable de la ressource.

Enfin, le dispositif favorise une approche concertée de la gestion de l’eau. Les démarches collectives sont particulièrement encouragées afin de mutualiser les investissements et de favoriser un partage équilibré de la ressource entre les différents acteurs.

Comment fonctionne le Fonds hydraulique agricole ?

Le Fonds hydraulique agricole dispose d’une enveloppe nationale d’environ 60 millions d’euros pour l’année 2026 (contre 20 millions en 2025).

Le dispositif est mis en œuvre à l’échelle régionale par le biais d’appels à projets. Les modalités précises peuvent varier selon les territoires, notamment concernant les calendriers, les critères d’éligibilité ou les plafonds applicables.

Le fonds repose sur deux volets complémentaires :

  • une aide à la maturation destinée à financer les études et la préparation des projets ;
  • une aide à l’investissement destinée à financer les infrastructures hydrauliques.

Cette organisation permet d’accompagner les porteurs de projets depuis les premières phases de réflexion jusqu’à la réalisation des travaux.

L’aide à la maturation : financer les études en amont des projets d’accès à l’eau

Le Fonds hydraulique agricole ne finance pas uniquement des infrastructures. Avant même le lancement des travaux, il prévoit un volet spécifique destiné à accompagner la phase de réflexion et de préparation des projets : l’aide à la maturation.

Cette aide répond à un constat simple : les projets liés à la gestion de l’eau nécessitent souvent plusieurs années de préparation avant de pouvoir être réalisés. Qu’il s’agisse de créer un ouvrage de stockage, de moderniser un réseau existant ou d’améliorer l’accès à l’eau sur un territoire, les porteurs de projet doivent généralement réaliser des études techniques, environnementales et économiques, tout en menant un important travail de concertation avec les différents acteurs concernés.

L’objectif du volet maturation est donc d’accompagner l’émergence et la conception des projets d’accès à l’eau avant la phase d’investissement. Comme le précise la DRAAF, ce dispositif vise notamment à soutenir les démarches permettant de faire émerger des projets structurants en hydraulique agricole et à renforcer l’ingénierie nécessaire à leur mise en œuvre.

Qui peut en bénéficier ?

Le dispositif s’adresse aux porteurs individuels ainsi qu’aux structures collectives et partenariales. Les projets impliquant plusieurs acteurs d’un même territoire sont particulièrement encouragés, car ils permettent de mutualiser les coûts, de favoriser le partage de l’eau et de développer des solutions adaptées aux problématiques locales.

Quels projets sont éligibles ?

Plusieurs types de projets peuvent bénéficier d’un accompagnement financier afin de préparer la mise en œuvre d’infrastructures ou de solutions d’accès à l’eau :

  • les études de faisabilité technique, économique et environnementale,
  • l’ingénierie de projet,
  • l’animation territoriale et coordination,
  • la préparation de projets collectifs structurants.

Quelles dépenses peuvent être financées ?

Les dépenses pouvant être prises en charge comprennent notamment :

  • les études préalables,
  • les prestations d’ingénierie,
  • l’assistance à maîtrise d’ouvrage,
  • l’animation et la concertation territoriale.

Ces dépenses jouent un rôle essentiel dans la réussite des projets. Elles permettent notamment d’évaluer l’impact des aménagements envisagés sur les ressources en eau, les milieux naturels et les différents usages de l’eau présents sur le territoire.

Quel montant d’aide peut être obtenu ?

Selon l’appel à projets publié par la DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes, le taux d’aide peut atteindre jusqu’à 80 % des dépenses éligibles, avec un montant minimal de dépenses généralement fixé à 25 000 € et un plafond d’aide pouvant atteindre 150 000 €.

Au-delà de l’aspect financier, ce volet constitue un véritable outil d’aide à la décision. Il permet aux porteurs de projet d’analyser différentes solutions techniques, d’anticiper les contraintes réglementaires et environnementales et de construire une stratégie cohérente avant d’engager des investissements parfois conséquents.

Cette approche s’inscrit pleinement dans les objectifs du Plan Eau, qui vise à renforcer la résilience des territoires face au changement climatique, à encourager une gestion durable de l’eau et à mieux concilier les besoins de l’agriculture avec la préservation de l’environnement. Le volet maturation constitue ainsi la première étape d’un projet hydraulique réussi, en donnant aux acteurs les moyens de concevoir des solutions adaptées aux réalités locales et aux enjeux futurs liés aux ressources en eau.

L’aide à l’investissement : financer les infrastructures hydrauliques permettant l’accès à l’eau pour l’agriculture

Le volet « investissement » constitue le cœur du Fonds hydraulique agricole. Son objectif est de financer les infrastructures permettant d’améliorer l’accès à l’eau pour les exploitations agricoles dans des conditions durables et respectueuses de la ressource. Il s’inscrit dans la continuité du Plan Eau et du plan d’action pour une gestion résiliente et concertée de l’eau mis en place par l’État.

Face à l’augmentation des épisodes de sécheresse et aux tensions croissantes sur l’eau, de nombreuses exploitations doivent adapter leurs infrastructures afin de sécuriser leur production. Le Fonds hydraulique agricole a précisément été conçu pour accompagner ces investissements tout en encourageant une gestion durable de l’eau et des usages plus sobres de l’eau.

Qui peut en bénéficier ?

Le dispositif s’adresse à plusieurs catégories de bénéficiaires :

  • les exploitations agricoles,
  • les structures collectives (ASA, ASCO, coopératives, syndicats),
  • collectivités et établissements publics selon les cas.

Le Fonds hydraulique agricole finance aussi bien des projets individuels que des projets collectifs. Toutefois, les démarches collectives et structurantes sont généralement privilégiées lors de l’instruction des dossiers, notamment lorsqu’elles permettent de générer des économies d’eau ou de répondre à un besoin partagé à l’échelle d’un territoire.

Quels projets sont éligibles ?

Le dispositif vise principalement les infrastructures hydrauliques dédiées à l’irrigation agricole.

Parmi les projets pouvant être financés figurent notamment :

  • la rénovation ou la modernisation de réseaux d’irrigation,
  • la création de retenues ou d’ouvrages de stockage,
  • l’extension de réseaux existants,
  • les projets de réutilisation des eaux usées traitées (REUT),
  • la recharge de nappes ou de stockage souterrain.

L’objectif est double : améliorer la disponibilité de l’eau pour l’agriculture tout en limitant l’impact des prélèvements sur les milieux naturels et les autres usages de l’eau. Les projets soutenus doivent ainsi s’inscrire dans une logique de gestion durable des ressources en eau et respecter les équilibres environnementaux du territoire concerné.

Quelles dépenses peuvent être financées ?

L’aide porte principalement sur :

  • les travaux et les équipements hydrauliques,
  • les infrastructures (pompes, réseaux, stockage, etc.)

Les prestations d’ingénierie directement liées au projet peuvent également être prises en charge, dans la limite des règles fixées par les appels à projets régionaux. Dans ce cas, les dépenses sont souvent plafonnées à environ 20%.

En revanche, le matériel d’irrigation utilisé directement à la parcelle n’est pas éligible. Cela concerne notamment les systèmes d’aspersion, le goutte-à-goutte, les enrouleurs ou encore certains équipements mobiles d’irrigation.

Quel montant d’aide peut être obtenu ?

Le taux de financement varie selon les régions et les caractéristiques du projet.

De manière générale, l’aide représente entre 65 % et 80 % des dépenses éligibles. Les projets collectifs, structurants ou présentant un intérêt particulier pour la gestion de l’eau à l’échelle d’un territoire peuvent bénéficier des taux les plus élevés.

Les seuils minimaux de dépenses varient également selon les appels à projets régionaux. Ils se situent généralement entre 50 000 € et 100 000 € HT, voire davantage pour certains projets d’envergure.

Quelles sont les conditions d’éligibilité ?

Au-delà de l’éligibilité du projet, certains critères sont particulièrement valorisés par l’administration.

Les projets collectifs constituent aujourd’hui un axe majeur du Fonds hydraulique agricole. Les infrastructures bénéficiant à plusieurs exploitations ou répondant à un besoin partagé sur un territoire sont généralement considérées comme prioritaires.

Les économies d’eau représentent également un critère déterminant. Les projets démontrant leur capacité à réduire les pertes sur les réseaux, à optimiser les usages de l’eau ou à améliorer l’efficience des infrastructures disposent souvent d’un avantage lors de l’analyse des dossiers.

Enfin, l’impact environnemental du projet est systématiquement examiné. Les porteurs doivent démontrer que leur projet est compatible avec les objectifs de préservation des ressources en eau, de protection des milieux naturels et d’adaptation au changement climatique.

Calendrier 2026 : quelles sont les dates à retenir ?

Le Fonds hydraulique agricole est mis en œuvre à travers des appels à projets régionaux. Les périodes de dépôt des dossiers varient donc selon les territoires et, dans certains cas, selon le volet concerné (maturation ou investissement).

À la date de publication de cet article, les principaux calendriers communiqués par les DRAAF sont les suivants :

RégionPériode d’ouverture
Auvergne-Rhône-Alpes29/05 à 31/08/2026
Bourgogne-Franche-Comté01/06 à 06/09/2026
Bretagne (volet maturation)01/06 au 31/08/2026
Bretagne (volet investissement)27/05 au 31/07/2026
Centre Val de Loireouverture à venir
Corse20/05 au 31/08/2026
Grand Est20/05 au 20/07/2026
Hauts-de-France30/04 au 30/06/2026
Île-de-France16/06 à 30/09/2026
Normandie01/06 au 30/09/2026
Nouvelle-Aquitaine22/05 au 20/07/2026
Occitanie18/05 au 30/06/2026
Pays de la Loire (volet maturation)26/05 au 06/09/2026
Pays de la Loire (volet investissement)18/05 au 19/07/2026
Provence-Alpes-Côte d’Azur13/05 au 31/08/2026
Guadeloupe (volet maturation)16/06 à 30/09/2026
Guadeloupe (volet investissement)30/04 à 31/07/2026
Réunionouverture à venir

Quels sont les enjeux ?

Au-delà du financement d’infrastructures, le Fonds hydraulique agricole participe à une évolution plus large de la gestion de l’eau en France.

L’objectif est de permettre aux territoires agricoles de mieux faire face aux conséquences du changement climatique, tout en conciliant les différents usages de l’eau. Il s’agit à la fois de sécuriser la production agricole, de préserver la qualité de l’eau, de protéger les milieux naturels et d’encourager une utilisation plus sobre des réserves disponibles.

Comme le rappelle le Plan Eau, la gestion de l’eau constitue aujourd’hui un enjeu majeur de résilience pour les territoires. Le Fonds hydraulique agricole s’inscrit pleinement dans cette démarche en soutenant des initiatives permettant d’améliorer durablement l’accès à l’eau tout en préservant les équilibres environnementaux.

Les points clés à retenir

Le Fonds hydraulique agricole constitue aujourd’hui un dispositif majeur pour accompagner l’adaptation de l’agriculture aux défis liés à la gestion de l’eau et au changement climatique.

Pour résumer :

  • il s’agit d’un dispositif structurant destiné à soutenir les projets hydrauliques agricoles,
  • il repose sur deux volets complémentaires :
    • l’aide à la maturation, qui finance les études, l’ingénierie et la préparation des dossiers,
    • l’aide à l’investissement, qui soutient la réalisation des infrastructures hydrauliques,
  • les taux de financement peuvent atteindre 80 % des dépenses éligibles selon la nature du projet,
  • les projets collectifs et structurants sont particulièrement encouragés,
  • les démarches générant des économies d’eau ou améliorant la gestion de l’eau bénéficient d’une attention particulière,
  • les appels à projets 2026 sont déjà ouverts dans la majorité des régions.

Les porteurs de projets ont donc intérêt à anticiper leurs démarches et à se rapprocher rapidement de leur DRAAF afin de connaître les modalités applicables sur leur territoire.

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