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Optimiser la performance énergétique d’un hôtel grâce aux CEE et au Fonds Chaleur

décarbonation d'un hôtel

Contexte : transition énergétique et immobilier bas carbone

La décarbonation du parc tertiaire s’impose désormais comme un enjeu stratégique pour les acteurs de l’immobilier et de l’hôtellerie. Entre hausse des coûts de l’énergie, exigences réglementaires et attentes croissantes des clients en matière de responsabilité environnementale, les établissements doivent réduire leurs consommations tout en préservant le confort et la qualité de service.

Dans ce paysage, le SIBCA – Salon de l’Immobilier Bas Carbone s’est imposé comme un rendez-vous de référence pour partager des solutions concrètes de décarbonation des bâtiments, des quartiers et des villes, en réunissant l’ensemble de la chaîne immobilière autour des enjeux climat, énergie et financement.

Le cas présenté ici s’inscrit dans cette dynamique : il illustre, de manière fictive mais techniquement réaliste, comment un hôtel peut réduire ses consommations énergétiques, ses émissions de CO₂ et ses charges d’exploitation grâce à des opérations d’efficacité énergétique financées par les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) et le Fonds Chaleur.

Situation énergétique d’un hôtel 4 étoiles en Île-de-France

L’exemple concerne un hôtel 4 étoiles de 7 000 m², situé en Île-de-France, construit au début des années 2000. L’établissement compte 120 chambres, avec un taux d’occupation moyen de 70 %. Ses principaux équipements énergétiques sont :

  • Deux chaudières gaz assurant le chauffage, l’appoint d’eau chaude sanitaire (ECS) et le chauffage de la piscine.
  • Une production ECS avec ballons de stockage.
  • Deux groupes de production de froid pour la climatisation.

Ces équipements ont 15 ans et sont en fin de vie technique. Les consommations annuelles se répartissent comme suit : 500 MWh pour le chauffage, 250 MWh pour l’ECS collective et 200 MWh pour le froid/climatisation. La consommation globale atteint 165 kWh/m²/an, pour une facture énergétique de 140 k€/an et des émissions de 200 tCO₂e/an.

L’enjeu pour l’hôtel est de réduire significativement ses consommations et ses émissions, tout en maintenant le confort des clients et la continuité de l’exploitation.

Les opérations CEE mobilisables

Rappel : qu’est-ce qu’un Certificat d’Économies d’Énergie (CEE) ?

Les CEE sont un dispositif national qui oblige les fournisseurs d’énergie à promouvoir et financer des actions d’efficacité énergétique. Lorsqu’un maître d’ouvrage réalise des travaux générant des économies d’énergie, il peut obtenir une prime CEE, calculée à partir de fiches standardisées et exprimée en kWh cumac (kWh cumulés et actualisés).

Concrètement, les CEE permettent de réduire le coût des investissements en finançant une partie des travaux. Ils sont accessibles aux bâtiments tertiaires, y compris aux hôtels, et peuvent être cumulés avec des aides publiques, sous réserve du respect des règles d’encadrement des aides.

Remplacement des chaudières gaz par des PAC collectives air/eau

La première opération fait usage de la fiche CEE BAT-TH-163 et cible la production de chauffage et d’ECS, actuellement assurée par des chaudières gaz en fin de vie. La solution retenue consiste à installer des pompes à chaleur (PAC) collectives air/eau en remplacement des chaudières gaz, sans modifier le réseau de distribution existant.

Les hypothèses techniques sont les suivantes : puissance installée de 450 kW, efficacité énergétique de 150 % et surface chauffée de 7 000 m². Cette nouvelle chaufferie permet une économie d’énergie estimée à 550 MWh/an.

Sur la base de la fiche BAT-TH-163, le volume CEE mobilisable est de 17 640 MWh cumac, pour une prime CEE estimée à 123 480 €. L’investissement indicatif pour cette opération est de 300 000 €.

Cette intervention constitue le levier principal de décarbonation du site, en substituant une partie des consommations de gaz par de l’électricité, tout en maintenant le confort et la continuité de service.

Moteurs asynchrones avec variation électronique de vitesse

La seconde opération, qui mobilise la fiche CEE BAT-TH-112, vient compléter la première en agissant sur la régulation des moteurs des équipements. L’hôtel dispose de moteurs synchrones non équipés de variation de vitesse. La solution proposée est le remplacement par des moteurs asynchrones dotés de variation électronique de vitesse, permettant d’adapter la puissance aux besoins réels sans perturber le confort.

Les hypothèses techniques retiennent une puissance nominale électrique de 150 kW. L’économie d’énergie estimée est de 45 MWh/an, pour un volume CEE de 1 440 MWh cumac et une prime CEE estimée à 10 080 €. L’investissement indicatif pour cette opération est de 15 000 €.

Cette opération est simple à mettre en œuvre, peu coûteuse et renforce la performance globale du bâtiment en réduisant les consommations liées aux auxiliaires.

Vous souhaitez adapter ce scénario à votre propre établissement ? Retrouvez cette simulation dans notre calculateur CEE et modifiez les paramètres du cas (surface, équipements, consommations, etc.) pour obtenir une estimation adaptée à votre projet.

Du côté des subventions publiques

Rappel : qu’est-ce que le Fonds Chaleur de l’ADEME ?

Le Fonds Chaleur, piloté par l’ADEME, est un dispositif de soutien aux projets de production de chaleur renouvelable et de récupération de chaleur dans les secteurs tertiaire, industriel et collectif. Il vise à substituer des consommations d’énergies fossiles par des solutions bas carbone (biomasse, géothermie, pompes à chaleur, réseaux de chaleur, récupération de chaleur fatale, etc.).

Dans le cas de cet hôtel, le projet de PAC collectives air/eau en remplacement des chaudières gaz peut être éligible au Fonds Chaleur, sous réserve de respecter les critères techniques et administratifs du dispositif.

Aides mobilisables pour le projet

Sur la base d’une assiette éligible de 300 000 €, les taux d’aide sont les suivants :

  • Jusqu’à 60 % pour les études de faisabilité.
  • Jusqu’à 45 % pour les investissements en énergies renouvelables, comme les PAC collectives air/eau en remplacement des chaudières gaz.
  • Bonus de 10 à 20 % pour les PME, en cumul avec les aides précédentes.

Le montant estimé de l’aide pour ce projet est de 135 000 €. Le Fonds Chaleur est cumulable avec les CEE, sous réserve du respect des règles d’aides publiques en vigueur au moment du dépôt du dossier. Des dispositifs complémentaires peuvent également être proposés par la Région Île-de-France pour la chaleur et le froid renouvelables, à étudier au cas par cas.

Le statut de l’établissement (hôtel indépendant, groupe hôtelier, PME, ETI, grande entreprise) peut influencer le niveau de soutien et les modalités d’instruction du dossier.

Résultats globaux : performance énergétique, facture et carbone

Performance énergétique

À l’issue des deux opérations, la consommation énergétique totale de l’hôtel passe de 1 150 MWh/an à 655 MWh/an, soit une baisse de 43 %. La facture énergétique diminue de 140 k€/an à 100 k€/an, ce qui représente une économie annuelle de 40 k€/an.

Bilan carbone

Les émissions de gaz à effet de serre sont réduites de 200 tCO₂e/an à 100 tCO₂e/an, soit une division par deux des émissions.

CEE et aides publiques

Les CEE représentent une prime totale estimée de 133 560 €, avec des bonifications possibles. Le Fonds Chaleur ADEME apporte une aide estimée à 135 000 €.

Les éléments financiers finaux du projet restent à compléter :

  • Investissement total : 300 000 €
  • Prime CEE totale estimée : – 133 560 €
  • Aides Fonds Chaleur ADEME : – 135 000 €
  • Reste à charge :31 440 €
  • Économies annuelles : 40 000 €/an
  • Temps de retour brut avant aides : 7,5 ans
  • Temps de retour après aides : 0,8 an

Conclusion : CEE et aides publiques, deux leviers complémentaires pour la décarbonation

Ce cas montre qu’un hôtel peut engager une trajectoire de décarbonation ambitieuse en combinant des opérations d’efficacité énergétique et de substitution d’énergies fossiles, tout en maîtrisant son reste à charge grâce à des dispositifs de financement adaptés. Ce cas fictif s’inscrit dans une problématique que nous rencontrons déjà sur le terrain. Ilex a notamment accompagné AccorInvest dans des travaux d’efficacité énergétique réalisés dans plus de 60 hôtels en France.

Les CEE et les aides publiques sont des dispositifs indépendants, portés par des cadres réglementaires distincts, mais ils sont profondément complémentaires : les CEE valorisent les économies d’énergie réalisées, tandis que le Fonds Chaleur soutient les investissements dans la chaleur renouvelable et la récupération de chaleur. Ensemble, ils permettent d’accélérer la transition énergétique des bâtiments tertiaires, en particulier dans des secteurs fortement consommateurs comme l’hôtellerie.

Dans cette logique, Ilex Environnement accompagne les maîtres d’ouvrage pour identifier les opérations pertinentes, structurer les montages techniques et financiers, mobiliser les CEE et les aides publiques et sécuriser l’ensemble du processus, de l’étude de faisabilité au suivi des performances. C’est cette approche intégrée qui permet de transformer des contraintes énergétiques en véritables opportunités de décarbonation et de création de valeur.

Vous souhaitez en savoir plus sur notre accompagnement ?