La sécheresse est un phénomène qui se caractérise par une période prolongée de déficit pluviometrique qui réduit la disponibilité de l’eau. En agriculture les conséquences ont un impact sur le vivant. Pour sécuriser l’accès à l’eau en agriculture, des technologies associant irrigation, stockage et pilotage des ressources sont mises en place pour optimiser l’usage de l’eau. Ces solutions sont d’autant plus nécessaires lorsque arrivent les périodes de sécheresse.
Selon le Service des données et études statistiques (SDES), l’agriculture constitue le premier secteur consommateur d’eau en France, représentant à elle seule 58% des prélèvements, contre 26% pour l’eau potable, 12% pour le refroidissement des centrales électriques et 4% pour les usages industriels. Si ce poids peut susciter des interrogations dans un contexte de tensions croissantes sur la ressource en eau, il s’explique en grande partie par le rôle central de l’agriculture dans la société. En effet, ce secteur a pour mission première d’assurer l’alimentation de l’ensemble de la population, ce qui implique des besoins en eau élevés. Ainsi, la gestion de l’eau en agriculture doit être prise en compte comme un enjeu important pour la souveraineté et la sécurité alimentaire du pays.
Aujourd’hui, la répétition des épisodes de sécheresse et le réchauffement climatique obligent le secteur agricole à s’adapter. Cette adaptation passe par le développement et l’installation des solutions visant à optimiser la ressource en eau dans les territoires où les pluies se rarifient ces dernières années. Ces technologies proposent des solutions d’irrigation, de stockage et de pilotage de l’eau.
Irrigation, pilotage et stockage, trois solutions pour optimiser l’eau des cultures agricoles
L’irrigation
D’après le SDES, en 2020 l’agriculture concentrait 11 % des prélèvements d’eau, dont 92 % sont consacrés à l’irrigation. En parallèle, 1,8 million d’hectares étaient irrigués, soit 6,8 % de la surface agricole utile, avec une progression des surfaces irrigables de 23 % en dix ans.
L’irrigation des cultures est devenue un levier majeur pour sécuriser les rendements dans de nombreuses filières agricoles. Son déploiement repose sur des investissements importants, à la fois dans les équipements et dans les outils de suivi. Face au réchauffement climatique et le besoins en eau pour l’agriculture, l’irrigation devient une composante essentielle de la production agricole.
Les systèmes d’irrigation de précision
Les technologies d’irrigation ont évolué vers davantage de précision, avec le développement de solutions comme le goutte-à-goutte, la micro-aspersion et des dispositifs automatisés. Ces systèmes permettent d’apporter l’eau de manière ciblée et efficace, en limitant les pertes et en optimisant les volumes utilisés au plus près des besoins des cultures.
Les dispositifs de pilotage
Pour optimiser les systèmes d’irrigation, les outils de pilotage, tels que les sondes d’humidité, les capteurs ou les outils d’aide à la décision, permettent d’objectiver les décisions de distribution de l’eau. En croisant données de sol et conditions climatiques, le pilotage contribue à ajuster avec précision les apports d’eau et à éviter les excès ou les apports mal positionnés.
Le stockage de l’eau
Les infrastructures de stockage permettent de lisser la disponibilité de la ressource dans le temps. Souvent portées dans des démarches collectives, elles nécessitent des investissements importants mais contribuent à sécuriser l’accès à l’eau sur la durée.
| Solution | Principe | Objectif | Atouts |
|---|---|---|---|
| Irrigation | Apport d’eau aux cultures via des infrastructures dédiées | Sécuriser les rendements | Répond aux aléas climatiques. Maintient le niveau de production. |
| Systèmes d’irrigation de précision | Techniques ciblées (goutte-à-goutte, micro-aspersion, automatisation) | Optimiser l’usage de l’eau | Réduction des pertes Apport ajusté aux besoins réels. |
| Dispositifs de pilotage | Outils d’aide à la décision (sondes, capteurs, données climatiques) | Ajuster les apports d’eau | Décisions basées sur des données. Limite le sur- ou sous-arrosage. |
| Stockage de l’eau | Infrastructures pour conserver l’eau dans le temps | Sécuriser la disponibilité de la ressource | Lisse les variations de disponibilité. Approche collective possible. |
Quelles subventions pour financer les investissements dans des technologies qui garantissent la disponibilité de l’eau?
Pour accompagner les investissements visant une utilisation plus résiliente de l’eau en agriculture, des subventions publiques sont mises en place dans les territoires. Le financement constitue un levier déterminant pour l’adaptation des systèmes agricoles, celui-ci repose en grande partie sur des dispositifs publics déclinés à plusieurs niveaux.
Des dispositifs comme ceux portés par FranceAgriMer permettent de financer une partie des dépenses, avec des taux de subvention autour de 30 %. D’autres programmes, comme le Fonds hydraulique agricole, ciblent des projets plus structurants, incluant les réseaux, les ouvrages de stockage ou les démarches collectives. Les taux de financement peuvent alors atteindre 80 %, selon la nature des projets.
Les régions jouent également un rôle central. Elles proposent des aides adaptées aux spécificités locales, avec des dispositifs couvrant l’équipement individuel, le pilotage de l’irrigation et certaines filières. Les taux de subvention varient généralement entre 30 % et 50 % pour les équipements, et peuvent dépasser 70 % pour les outils de pilotage ou certains projets ciblés. Ces dispositifs sont souvent intégrés dans des programmes européens comme le FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural).
Les agences de l’eau complètent ce dispositif. Leur intervention cible prioritairement les projets générant des économies d’eau. Elles financent notamment les équipements de pilotage, les démarches d’optimisation ou les projets collectifs. Selon les bassins et les priorités locales, les taux d’aide peuvent atteindre 70 %.
Enfin, les projets collectifs portés par des associations syndicales ou des structures inter-exploitations, permettent de mutualiser les investissements et accéder à des taux de financement plus élevés. Ils sont souvent mobilisés pour les infrastructures de réseau ou les projets de stockage.
Ces aides visent à sécuriser les systèmes de production agricoles, condition nécessaire pour trouver les adaptations face au changement climatique. Dans ce contexte, l’enjeu porte autant sur l’identification des solutions que sur la structuration des projets et des financements.
En 2026, l’adaptation de l’agriculture à la raréfaction de la ressource en eau, est déjà engagée. Elle repose sur des évolutions techniques nécessitant des investissements importants. Les dispositifs d’aide existants permettent d’accompagner cette transition, et leur mobilisation suppose une bonne connaissance des opportunités et des conditions d’accès.
Des industriels au cœur de l’innovation en gestion de l’eau, l’exemple Netafim
Dans ce contexte de modernisation des pratiques agricoles, plusieurs industriels développent des solutions technologiques visant à optimiser l’usage de l’eau. C’est notamment le cas de Netafim, spécialiste des systèmes d’irrigation de précision, qui propose des équipements et des outils permettant d’améliorer l’efficacité des apports en eau. À travers le développement de technologies comme le goutte-à-goutte avancé ou les systèmes connectés, Netafim contribue à diffuser des solutions au service d’une agriculture plus efficiente et plus résiliente face aux enjeux de sécheresse et de changement climatique.


